CYCLE DAVID LYNCH
Juillet-Septembre 2025

Parce qu'on n'arrive toujours pas à se remettre de son décès en janvier dernier, le Palace vous propose de passer tout l'été en compagnie de David Lynch, le cinéaste qui a fait entrer le Septième Art dans le XXIème siècle en projetant nos rêves et nos angoisses contemporaines sur grand écran. 9 films éblouissant en copie restaurée, trois séances par semaine.
« L’un des producteurs d’Elephant Man a formulé un parfait résumé de David Lynch : c’était pour lui « un James Stewart venu de Mars ». Par-delà la ressemblance physique avec l’acteur, Lynch a en effet digéré et régurgité les mythologies américaines, mais d’un point de vue extraterrestre, pour lequel ne se contredisent pas le merveilleux et l’horrible, le lyrique et le clinique. Apparu juste après le Nouvel Hollywood (la génération de Spielberg, Coppola, Scorsese, etc.), Lynch est l’un des rares cinéastes américains d’après-guerre à avoir imposé un imaginaire tel qu’il a suscité un adjectif. Lynchien, qu’est-ce que ça veut dire ? « It’s a strange world », répond le héros de Blue Velvet. » (Hervé Aubron)
SÉANCES SUPPLÉMENTAIRES DE RATTRAPAGE AJOUTÉES À PARTIR DU 20 AOÛT
Tous les horaires ici
PROGRAMME:
À partir du 9 juillet 2025:

Eraserhead
À partir du 16 juillet 2025:

Elephant Man
À partir du 23 juillet 2025:

Blue Velvet
À partir du 30 juillet 2025:

Sailor et Lula
À partir du 6 août 2025:

Twin Peaks - Fire Walk With Me
À partir du 13 août 2025:

Lost Highway
À partir du 20 août 2025:

Mulholland Drive
À partir du 27 août 2025:

Inland Empire
À partir du 3 septembre 2025

Une histoire vraie
(ne manque donc à l'appel pour faire une rétrospective intégrale que Dune, dont les droits de diffusion se sont malheureusement perdus dans l'espace depuis de nombreuses années...)
A PROPOS DE DAVID LYNCH
par Hervé Aubron, critique aux Cahiers du Cinéma.

Né en 1946, à Missoula, dans le Montana rural, David Lynch grandit au fil des mutations de son père agronome. Élève récalcitrant, il convainc ses parents de l’inscrire en école d’art. Ce sera d’abord dans la policée Boston, qui ne lui convient pas, puis à Philadelphie, métropole sinistrée dont la dureté́ l’oppresse en même temps qu’elle l’inspire. Il commence là à s’essayer au court-métrage, non pour s’inscrire dans la cinéphilie, mais parce que, raconte-t-il, le son et le mouvement lui manquaient.
Il rallie l’école de l’American Film Institute en 1971. Pendant quatre ans, il dispose d’une étable abandonnée pour tourner en autarcie Eraserhead, son premier long métrage qui, distribué en 1977 dans le cadre des « midnight movies », devient un film culte. Lynch est d’un coup happé par l’industrie du cinéma. Mel Brooks le sollicite pour réaliser Elephant Man (1980), puis Dino de Laurentais l’embarque dans l’adaptation de Dune (1984), la saga de science-fiction de Frank Herbert. Puits sans fond, le film est un échec public.
Avec Blue Velvet (1986), le cinéaste trouve sa plus juste économie de travail : un atelier en marge d’Hollywood, mais aussi à̀ deux pas, à son ombre et dans sa part d’ombre. En 1990, Wild at Heart (Sailor et Lula) poursuit dans la lignée du polar halluciné et remporte la Palme d’Or. Lynch est alors le roi du monde : il conçoit dans le même temps, avec Mark Frost,la série Twin Peaks (1990-91), qui, à l’imagerie de Blue Velvet, ajoute un arrière-fond mythologique, un pandémonium d’esprits qui rôdent. Immédiatement adorée, Twin Peaks impose la possibilité d’une ambition formelle à la télévision et pose les bases de l’actuel règne des séries. Le prequel de la série sur grand écran, Twin Peaks : Fire Walk With Me (1992), témoigne néanmoins d’une grande mélancolie.
Hors The Straight Story (Une histoire vraie, 1999), road-movie au ralenti où il affirme sa capacité à tracer une ligne droite, Lynch creuse les potentialités schizophrènes du cinéma avec des films diffractés ou pliés en deux, où les identités voltigent : Lost Highway (1997), Mulholland Drive (2001) et Inland Empire (2006). En 2017, diffusée sur Internet, Twin Peaks : The Return, troisième saison de Twin Peaks quelque trente ans après, est un chef-d’œuvre sur l’histoire au long cours de l’imaginaire états-unien. N’ayant jamais cessé de pratiquer la peinture, mais aussi la musique, Lynch est par ailleurs un prosélyte désarmant, sinon inquiétant, de la méditation transcendantale.
(Texte rédigé par Hervé Aubron en décembre 2022. David Lynch nous a quitté le 16 janvier 2025. Ses films demeurent.)
Cycle réalisé en partenariat avec l'ADRC, Agence pour le Développement Régionale du Cinéma.
